Entre les choux les palmes 6

 

 

 

je tiens la trompette

 

je me charge de contenir

sous une belle forme préparée

un franc nombre de désappointements

 

allongé dans les hautes herbes

le regard oublié

entre une certaine souplesse du sol

et ce parfum général partagé par les mouches,

j’envisage une nouvelle profession,

assis à 4 et manger,

avec élan avec délicatesse, à propos et dehors

 

– l’accommodement des plus anciens,

la variété des teintes à employer nous mènent

à filer haut, impétueux de la cuisse

de la planche et du tréteau

 

 

 

 

 

multiples et s’embrassant

mes camarades d’abord friands

vacillent au terrain inégal,

sans se lâcher des avants bras des épaules

– pour tout dire battent des buissons exotiques,

méconnaissent l’inclinaison comme la distance

 

pourtant à l’écoute des premières reparties

il est bientôt question d’un abri de feuillage

au cœur d’un parcours humide,

du naturel des peintures,

des petites surfaces couvertes,

de la clarté en retour

 

des gestes appliqués en rayons et croissants,

des moyens de voltige – la visée au cosmorama

tu entendrais tripoter un monde,

tu nous ferais trébucher

partir en dominos

 

 

 

 

entre nous pitolo nous aide,

qui donne la mesure, la nature

de ce qui nous soutient,

de l’air frais au coin des marches,

à l’abri des cintres

 

 

 

 

qu’il s’agisse de personnes ou de marchandises,

les paquets les anges

déchirés aux pommettes et aux tempes

entrevoient derrière mon coude,

entre mon bras et l’oreille de mon pilote

l’aile safranée

les battants légers

de qui connut sa propre douleur

 

s’éclipse et revient

 

 

 

 

 

j’éprouve une gène au coin de la façade

lorsque pour la 5° fois en 3 dimanches

un virtuose du corps flottant

vient heurter du plat de l’œuf

mon rendez-vous de plantes vertes

ma rangée décorative

 

s’agit-il d’un messager, peu clair et précis,

d’un lièvre des pampas

selon la qualité de vitesse

communément reconnue à l’animal,

est-il question d’un expériment

en vue de la prochaine mise en lumière

du faubourg

 

mon souci tient au penchant de l’énergumène

sa prédisposition au rase-mottes

son œil en coin

 

 

 

 

regarde pitolo, cette main légère au zèbre,

à la ménagerie

prends, depuis ton épaule ton torse tes cuisses

la mesure

 

 

 

 

 

posté en haute mer –

du goupillon avive les sentiments de la patronne,

de la bienheureuse

cours au plus fort de sa rêverie

puis de ce pantoum à ta vessie,

de ta plaie mal contenue au verso de l’habitacle

(ce qui ne semble pas un plafond

ce qui ne semble pas sans fin)

 

multiplie les plantations

vois ou imagine la racine enfoncer

ou épaissir dans le sol

mets-toi bien devant debout bien en face

– étends le bras

 

 

 

 

 

au bout de la pâture derrière le magasin,

une flaque un bas-fond aux contours indécis

nous occupait

passées cinq heures de l’après-midi,

ensemble une physionomie de débordement

et un cul de plomb véritable

 

je fais cuire dans l’eau des pommes

avant de les admirer doublées au sucre

derrière la vitre – ce que veut dire cet homme

 

c’est qu’il ne faut pas croire que nous

avons l’intention de nous cacher et puis voilà

 

 

 

 

 

après quelques décennies de défaveur

et beaucoup de décennies encore de défaveur

j’apprends à choisir

la bonne trame, le bon doudou

j’examine tire du lot et double et triple

et je recommence,

et sans les yeux,

et je remets ça je reprends

 

nous sommes deux, nous nous encourageons

moi par-dessus tout en souriant,

figure-toi un tel bien-être, telle escorte

parmi les montagnes de linges

jusque contre les vitres sur la rue embuée

généreusement dotée d’inactifs,

parfois bavards ou élastiques,

de coureurs et figurants adorables

 

garnis de la sorte, attentifs,

éblouis au ravitaillement

nous nous relançons sans cesse

les doigts même

formant des dessins mélangés

sur les carreaux du magasin

 

 

 

 

 

seul face à la tâche

au creux crayeux là la coupure de mon âne favori,

je tente d’abord l’équilibre

des deux mains, à la corde un peu molle

au poteau cramponné en terre l’oreille attentive

– ce balancement est-il à moi

 

la main dépourvue d’assiette

j’ouvre un peu les bras,

une fraîche humidité au gousset

me replace en tête

la solidité traditionnellement accordée

à cette sorte d’ingénieux empilement

 

l’œil fermé

je caresse à deux doigts la plaie poudreuse

je la frotte au cœur la nettoie

l’œil

continûment au dessus de l’objet de mes mains

la pâte est appliquée en son endroit,

comble la blessure

 

je viendrai dans 2 ou 3 jours

encourager la bête, animer la couleur

la dernière échelle en plein soleil la chaleur

dans mon dos, lourd et transparent

 

je vais avoir à me souvenir de ce sentiment

 

 

 

 

 

je perds les pieds

nous avons tant le souci de la peau, du drapé,

la vivacité du décor

l’étendue des regards patients,

et notre réussite nous entraîne

 

je me suis défait

 

 

 

 

 

aujourd’hui j’ai le temps

pendant et après le nettoyage du terminal norte

– nous sommes polyvalents,

la plomberie indépendante,

le parfum de ces produits je le guetterai

toute mon existence

 

la puissance de nos avants bras

la souplesse de nos poignets,

plaisanterie que constituent

nos chaussures de confection

mises en forme de gymnastique,

ceci me convainc

 

la lumière encore basse à 9 heures du matin

mes mains entre mes cuisses

pitolo reprend du gauche, cesse d’avancer

dissipe tout à fait ce qui restait en coin

 

les deux beignets remontent, je quitte ma chaise

mon pas est gorgé de soleil et de chair

 

 

 

 

 

nous avons tout dans cette habitation

très peu préoccupés des enfoncements

des hectares en culture

 

diminué sans sortir

le corps à présent difficile à développer

cet homme se montre pataud à la plage

imprécis en cuisine,

couvert à l’orientale je le regarde

aller seul

au devant d’une paire de visiteurs

sommairement accomplis

 

je ne suis pas son enfant

j’ai mal aux oreilles

une sensation de tassement

une raideur du cartilage,

j’attends la saison favorable

 

nous avons ceci en commun, d’être enveloppés

d’être préparés à l’endroit des choux

des chutes vraisemblables, des fatigues

 

 

 

 

 

mes allées-venues sonores et proportionnées,

ma boulangère mon tube ma conduite intérieure

attachée fortement au babil,

à l’entremêlement des merveilles

(c’est-à-dire qu’il s’agit là

d’une conduite élémentaire, voire minimale,

mais là n’est pas l’affaire)

 

assembler des sottises avec un artisan,

installer pour l’hiver

la doublure en peau de taupe,

déformer l’ornement et la moue du babouin

– le passage à ces conduites

n’a introduit aucun changement

dans ma relation aux choses

 

je t’embarrasse et je me sauve

 

 

 

 

 

la casquette la salive des joueurs

selon la course l’élan,

l’ensoleillement du terre-plein,

la disposition au pugilat

 

 

 

 

 

suis-je enfoncé à ce point dans le sol

à seule fin de contrarier

l’avancée de la boucherie,

d’étonner d’éblouir d’empoigner aux cheveux

tranchant net l’assurance le crédit de la courbe

 

me vois-tu

en formes d’apparat, de saillie

de réussite le couvercle à la main

– matériel dans la poche,

l’entame et la luciole,

à enlever la dispute

 

avantage au naturel, porte-toi vers l’avant

détailler la palette et charger l’asticot

 

 

 

 

 

lève la cuisse bien haut attrape la ressemblance,

fondu alors, jamais seul

 

 

 

 

 

personne enjouée chose légère

cherche à manger, te faire manger,

avec confiance, fraternise

passe par la petite cour

 

à dos de mule vers l’animation principale

des encouragements me sont ménagés,

franchis les palmes le portillon

se détirent se déplissent gonflent

exagèrent sans faute

des ensembles marins,

des provisions épanouies

 

 

 

 

 

les pièces sèchent d’abord à l’ombre

puis au soleil progressivement

 

je confonds le découragement

et le trouble d’une vive émotion,

ce qui se lance là et là

par-dessus ces petites allées végétales,

ces tendres érections, souples subtiles

 

un déversoir construit ensemble

va nous disposer en cette contrée saisie enfin

 

 

 

 

 

j’arrive en bordure,

j’ai le haut du crâne en pointe,

un champignon à l’omoplate

 

je ne saurais dire l’impasse

un contorsionniste un jongleur

une façade polychrome

 

soi-même le chemin, qui s’efface

 

la fièvre quotidienne n’envoie pas avec certitude

vers d’autres chaleurs, à d’autres existences,

aux gras échappements de tôles enthousiastes,

au déplacement côtier

 

la douceur de l’enjambée

du tissus imprimé

 

 

 

 

 

l’aptitude à pivoter, à fourbir en cuisine

j’attrape une famille de bras-cassés

la plus belle, simple et habituée

suffisamment d’articles, d’appendices,

de rougeole

en vue d’essorer un préambule tout neuf

 

une panoplie de languettes, de crochets

de garages, de flux abdominaux

 

saisis la fraise, ou mieux

prends place à son côté

 

 

 

 

 

tendant à mordre, posé là

 

 

 

 

 

charge le convertible

 

je me suis éloigné

 

scintillant au biface

j’arrange la machine-outil,

l’arrivée d’eau, la porte

 

en vrai je chante, je chantonne

(et je produis quelques gestes inaccoutumés,

avec les bras, le bassin)

 

 

 

 

 

compte avec les chaussures

les écorces de fruits les piliers du marché

les bras nus

l’extrême douceur mal connue

 

engageons-nous certains jours dans les gencives

dans la peau le cou dans l’averse

la pluie d’orage l’inondation les chemisiers

les arbres, le balancement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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